Au sommet des plus hautes montagnes escarpées, les limbes de la magie semblent plus épaisses que jamais, répondant à l’appel des incantations millénaires scandées ou marmonnées. Les Oracles sont toujours nombreux à être éveillés, malgré l’heure déjà tardive de la nuit, penchés sur des grimoires vieux de plusieurs centaines d’années ; car le savoir n’attend pas pour le plus noble des royaumes, et la soif d’apprendre les pousse toujours plus loin dans leurs recherches.
Sur le rebord de la fenêtre, surplombant le vide et les pics, un hibou guette, ses yeux brillant à la lumière de la lune, comme un gardien des secrets qui se chuchotent dans ces pièces chargées d’histoire.
Car le savoir est aussi une arme, et cela les Oracles l’ont bien compris. Déjà ils préparent leurs prochains sortilèges imparables, s'apprêtant à une guerre certaine pour le même but éternel : récupérer la précieuse spartanite, et pousser toujours plus loin leur quête de connaissances.
Dans cette atmosphère chargée de mystère, chaque mot murmuré résonne comme une promesse de pouvoir, chaque formule écrite renforce leur lien avec les forces ancestrales. Les étagères encombrées des archives regorgent de parchemins aux inscriptions ésotériques, de cristaux luminescents et d'amulettes magiques, tous témoins silencieux de l'effervescence intellectuelle qui règne dans ces lieux sacrés. Au milieu de la pièce, sur une longue table de bois de hêtre, trône sur un présentoir en marbre sculpté un morceau de spartanite. Il avait dû voir de nombreux sorts et vœux, en ces lieux, symbole de la perfection magique visée par les Oracles. Car la spartanite permettait à leur magie de se catalyser, d’atteindre des sommets et des puissances autrement inimaginables.
Pendant que le hibou continue sa vigie nocturne, les Oracles méditent sur les visions de l'avenir qu'ils ont entrevues dans les étoiles. Ils savent que la route vers la spartanite est semée d'embûches, mais leur détermination est inébranlable. Ils sont prêts à tout pour collecter le précieux cristal et pour continuer à élargir les frontières du savoir magique, même si cela signifie se lancer dans une guerre où chaque sort lancé pourrait changer le destin du monde.
Un vieil Oracle, assis au coin de la pièce à une table de bois lustrée par le temps, semble plongé dans sa lecture. Il se distingue par son apparence vénérable et son aura mystique, et ses cheveux d’un blanc argenté, longs et noueux, encadrent un visage marqué par les années d'étude et de méditation. Les rides profondes qui sillonnent son front et ses joues témoignent de la sagesse accumulée au fil des siècles, et des vies innombrables qu’il avait sûrement croisées. Il porte la tunique mauve typique de ceux de son clan, surmontée d’un scapulaire bleu tissé de fils d’ors ternis par le temps. Il porte autour de son cou un pendentif d’un blanc nacré, au motif effacé par le temps et indistinctible de cette distannce. Ses mains tremblantes, usées par d'innombrables heures de manipulation de grimoires et de parchemins, tournent lentement les pages du livre posé devant lui, et qui paraît encore bien plus vieux.
Ses yeux profonds, d'un bleu intense, semblent porter la sagesse des âges et reflètent une connaissance qui transcende le temps. Lorsqu'il regarde au-delà du présent, on peut voir dans son regard une lueur de prophétie, comme s'il était en contact direct avec les mystères les plus profonds de l'univers.
Le vieil Oracle demeure silencieux, absorbé dans ses pensées, méditant sur les énigmes de l'avenir et les secrets du passé. La jeune enfant aux cheveux tout aussi blancs qui se tient à ses côtés ne parle pas, elle non plus, et se contente de veiller sur le vieil homme, lisant par-dessus son épaule avec curiosité dévorante. Peut-être admire-t-elle le vieillard car il incarne la quintessence de la sagesse et de la puissance magique que l'on peut atteindre grâce à une vie entière de dévouement à l'art de la divination et de la magie… Ou peut-être cherche-t-elle juste elle aussi des réponses aux énigmes de ce monde.
Ecrit par Pillow